De la Brasserie Coopérative de Mons à Heineken

Heineken, 2ème brasseur mondial, 1er en Europe, qui possède 115 brasseries dans le monde, est installé sur la zone industrielle de la Pilaterie dans la rue du houblon, bien nommée, à Mons-en-Barœul près de Lille. Ce sont 132 références de bière qui sortent de cette usine gigantesque qui s'étale sur 24 hectares avec une capacité de production de 3,5 millions d'hectolitres par an. Cette brasserie est la suite d'une longue tradition locale car il y avait plusieurs brasseries à Mons. Il reste cette seule brasserie qui était au départ la Brasserie de la famille Waymel devenue Brasserie Coopérative de Mons-en-Barœul, puis la Brasserie Pélican productrice des bières Pelforth. En 1972 la brasserie est rebaptisée, prenant le nom de la bière Pelforth, lancée en 1937. La Brasserie Pelforth fusionne avec de nombreuses brasseries dont la Brasserie Carlier de Coudekerque-Branche (près de Dunkerque) et devient Pelforth SA. Vers 1980, les Brasseries et Glacières d'Indochine (devenues Brasseries et Glacières Internationales) par l'intermédiaire de leur filiale Union de Brasserie prennent la majorité du capital, puis par la suite s'associe avec Heineken France pour former la Société Générale de Brasseries (SOGEBRA) qui deviendra en 1986 la Française de Brasserie (FRABRA). Jusqu'en 1987 le siège social est situé rue Delphin-Petit à Lille. En 1993 la Française de Brasserie (FRABRA) devient Brasseries Heineken avec 3 sites de production à Marseille, Schiltigheim et Mons-en-Barœul.

L'usine de Mons-en-Barœul

En 2014, l'usine nordiste bénéficie d'investissements massifs de sa maison mère

C'est la capitale nordiste de la bière, mais elle est mal connue. Et pour cause : on ne visite pas souvent le site Heineken, qui emploie 264 salariés à Mons-en-Barœul. Et pourtant l'usine, qui a produit 280 millions de litres de bière en 2013, vient juste d'augmenter sa capacité de production de plus de 10 %. L'investissement, qui se monte à 9,5 millions d'euros, devrait permettre 34 embauches à terme. Un petit tour s'impose.



Qu'y produit-on ? 

Avec 2,8 millions d'hectolitres par an, l'usine nordiste est de loin le plus gros des trois sites Heineken en France. Aujourd'hui, 132 références y sont produites, les principales étant la marque Heineken (dont la production à Mons a débuté en 1990), la Pelforth, marque historique lilloise, et la Desperados.

Pour qui ? 

Plus de 90 % des fûts et bouteilles de Mons sont destinés au marché français. En amont, 86 % des 50 000 tonnes d'orge maltée brassées par l'usine sont produites en France.

Quel avenir ? 

Heineken n'est pas à l'abri des coups de pompe, comme en 2005 ou en 2008, qui avait vu le licenciement de 60 salariés. Mais la nouvelle ligne, adaptable et rapide (jusqu'à 65 000 bouteilles par heure), permettra de produire davantage de références pour coller au marché. « Les ventes baissent en volume, mais progressent en valeur, analyse Pascal Savrié, président de Heineken France. Nous cherchons à capter cette clientèle prête à payer un peu plus cher. »

Heineken, une bière régionale ? 

« Malgré la Pelforth, nous avons une image de multinationale, donc nous n'avons pas l'ambition de concurrencer les brasseries régionales, très actives ici », assure Pascal Savrié. Pour autant, Heineken (dont la production représente 48 % du total régional) est un pilier de la Confrérie du Houblon d'Or et participera, en octobre, au salon « Terre de brasseurs », à Arras.

2O Minutes Olivier Aballain 

■ Histoire d'une usine

L'usine de Mons-en-Barœul, ouverte en 1975 pour produire la Pelforth, a été rachetée par Heineken en 1986, avec la marque nordiste.








L'usine en 2014